Veille de mai par Jean BONNEFOY

VEILLE DE MAI

Gai ! les garçons, allons chanter le mai,
Enrubannons l’osier de nos corbeilles
Car la vesprée à des teintes vermeilles
Et de lilas le soir est embaumé…

Et les voilà partis à travers les prairies,
En joyeux pèlerins,
Et sur tous les sentiers menant aux métairies
Résonnent leurs refrains.

Derrière les volets, au fond de la cuisine
On s’émeut, car ceux-ci ne sont que les premiers
De ceux qui vont chantant aux portes des fermiers
Et ne souffrent pas qu’on lésine.

Ce n’est pas assez des chansons,
Et comme on ne doit pas rebuter ces garçons,
Pour que le panier d’œufs, frais pondus, apparaisse
On lui bat le rappel à coups de grosse caisse…

Pourtant si ta porte, ô fermier l
En dépit de tout restait close,
On en ferait toute une glose
Pendant des mois à St-Didier.

Et je craindrais, vois-tu, d’amères représailles
Dans ton jardin, sur tes poireaux,
Sur tes semailles;
Allons, donne des œufs, et choisis les plus beaux.

Donner leurs œufs, cela rend les poules fécondes,
Sème tes œufs comme ton blé, bon paysan,
Frère de l’artisan,
Sans lequel restent vains les espoirs que tu fondes.

Extrait de “POÈMES A MON CLOCHER” écrits par Jean BONNEFOY, poète désidérien, dans les années 20 .

Les conscrits par Jean Bonnefoy

LES CONSCRITS

Avez-vous vu passer la farandole ?
Encore un peu du vieux temps qui s’en va.

C’était l’essor d’une jeunesse folle
Où le conscrit préparait le soldat.
Cette jeunesse égayait le dimanche,
Sa belle humeur chantait dans le soleil,
Tant de gaîté, si naïve et si franche,
Avait pour tous un charme sans pareil

Sur les conscrits flottait, comme un symbole,
Un grand drapeau largement déployé,
Avez-vous vu passer la farandole
Des temps jadis, à travers St-Didier?
Elle chantait, soulevant l’allégresse,
Aux sons mêlés du fifre et du tambour
Que ponctuaient les coups de grosse caisse,
En ameutant les gamins du faubourg.

La farandole… on dit que cet usage,
En les groupant autour de leur drapeau,
Versait aux cœurs et vaillance et courage,
Montrant à tous quel sort est le plus beau;
Avez-vous vu passer la farandole
Dont l’étendard frissonnait dans le vent ?
Ah ! mes amis, trêve de faribole,
Sous ce drapeau je vois un régiment.

Oh! mon pays… hélas! si je m’exile,
Mon souvenir ne saurait te quitter;
Pays natal! redeviens mon asile
Au doux appel des sourires d’été;
La souvenance est bonne et nous console,
Je ne peux pas m’évader du vieux temps…
Qui nous rendra la vieille farandole
Où s’exaltaient, mes amis, nos vingt ans ?

Extrait de “POÈMES A MON CLOCHER” écrits par Jean BONNEFOY, poète Désidérien, dans les années 20 .

 

Histoire de la chapelle

Aspect extérieur, photo G. Laval
Aspect extérieur, photo G. Laval

Achevée en octobre 1930, la chapelle Claire-Joie appartenait à la congrégation diocésaine des Soeurs de Jésus Rédempteur et de Marie Médiatrice.
Les Sœurs de Jésus étaient présentes à St-Didier depuis le XVIIème siècle. Elles se sont installées sur le boulevard des passementiers dans l’ancienne usine de rubans d’Amable Sauvignet en 1858.
En 1970, les bâtiments sont vendus à la congrégation des Ursulines qui créent la maison de retraite de Claire-Joie. En 2005, les religieuses quittent St-Didier, la maison de retraite ferme.
La commune rachète les locaux, en cède une partie l’année suivante tout en conservant le parc et la chapelle.( L’office notarial et un foyer -logements adapté à l’accueil des personnes âgées non dépendantes s’installeront dans les bâtiments principaux.) Continuer la lecture de Histoire de la chapelle

Les vitraux de la chapelle

Les magnifiques vitraux qui ornent la chapelle ont été réalisés en deux tranches successives 1963/ 1965 sur des maquettes réalisées par Louis-René Petit.
Ces vitraux sont particulièrement remarquables par leur utilisation de la lumière, leur coloration étant fonction de leur emplacement. Dans plusieurs courriers, le directeur de l’atelier du vitrail (atelier monastique de Saint-Benoît-sur-Loire) et le concepteur Louis-René Petit ont échangé sur cette volonté. Continuer la lecture de Les vitraux de la chapelle

L’histoire du Carnaval de Saint-Didier

Chaque année, le dimanche précédant mardi-gras, Saint-Didier en Velay fête son carnaval. La tradition veut que ce carnaval ait été rapporté d’Italie au XVI° siècle par un seigneur de Saint-Didier, duc de Joyeuse.
Autrefois, le carnaval était l’affaire de « la partie  » composée de plus de quatre-vingts personnages, arlequins, suisses, cuisiniers et bien sûr « carnavaux « .
Dans un ordre immuable, ils parcouraient les rues du vieux Saint-Didier en jouant des scènes. Tout finissait par le jugement et la condamnation à mort de carnaval. Carnaval était brûlé pendant que les acteurs chantaient :  » Adiou paoure, paoure, paoure ! Adiou paoure Carnava !  »
Le carnaval perdura jusqu’à la fin du XIX° siècle puis s’éteignit après un dernier sursaut en 1928.
En 1960, l’équipe municipale sous l’égide du maire de l’époque, Régis VIDAL, décida de « refaire carnaval « .  Le défilé se déroule sous un soleil éclatant et devant une foule immense.

Carnaval 01 Continuer la lecture de L’histoire du Carnaval de Saint-Didier

Un épisode cocasse du carnaval au XVIIIème siècle raconté par Pierre PALHION

« …un huissier de la monnaie, du nom de MERMET, résidant à Lyon vin pour quelque opération à Saint-Didier le jour même où la partie se faisait : il se fait servir à l’auberge où il était (l’auberge du Velay de nos jours). Lorsqu’il commençait, entrent quelques carnavaux avec un arlequin. Celui-ci gesticule tantôt devant l’huissier, tantôt d’un côté, puis de l’autre, lestement, adroitement, attirant son attention de toutes parts : tandis que les carnavaux enlèvent d’un seul coup tous les plats du dîner. Mermet croit se mettre à manger, tout a disparu. Stupéfait, il s’écrie : « C’est donc ici un pays tout de voleurs ! ». Il se fâche, les spectateurs rient, il s’emporte se met en colère, ils rient de plus fort, il demande s’il n’y a point de justice, on lui indique la maison du juge principal (maison Lafayette).  Continuer la lecture de Un épisode cocasse du carnaval au XVIIIème siècle raconté par Pierre PALHION

Description des personnages

Voici à partir des divers textes sur la Partie (Pierre Palhion au XVIIIème siècle, Victor Smith et Jean Bonnefoy à la fin du XIXème) les descriptions des personnages de carnaval.

Les suisses
Les suisses forment la garde de carnaval : « Chapeau blanc retroussé d’un côté comme à la Henri IV et la coupe entourée de rubans de couleur qui viennent flotter sur le derrière abattu du chapeau ; avec des jupes écarlates de femmes, on forme une espèce de très petite simarre qui n’arrive qu’aux genoux ; les bras du suisse sont passés aux deux ouvertures latérales de la jupe, présentant les bras d’une chemise, garnie aussi d’anciennes et belles manchettes , une collerette en mousseline autour du col et rabattue sur les épaules, le derrière et le devant de la poitrine.
Les culottes sont formées de deux tabliers de femme, de différentes couleurs, qui se serrent autour de la jambe, à peu prés comme chez les turcs ; les bas sont également de diverses couleurs et les souliers ordinairement noirs.
Les suisses sont armés d’ancienne hallebarde de laquelle pendait une touffe de rubans longue d’un ou deux pieds. »
Deux suisses richement costumés, comme tous d’ailleurs, drap rouge, galons d’or, épée et hallebarde ouvraient la marche.

Après eux, vient une troupe de suisses bien costumés, portant la hallebarde, comme le veut la tradition en habits bariolés, la figure masquée, tenant à la main une castagnette.
Afin que la tenue des suisses soit parfaite, « On dessine horizontalement sur les lèvres supérieures de ces suisses avec du noir, deux moustaches en forme d’un trois ou d’un esse dont on fait remonter le tourné plus ou moins haut selon la figure de l’individu. » Continuer la lecture de Description des personnages

La mise en scène de la Partie de Carnaval

Tout d’abord, tous les auteurs décrivent des scènes. Il s’agit bien d’une représentation avec des personnages aux rôles attitrés qui se déroulait exclusivement à la Grand’place .
Pierre Palhion fait allusion dans ses notes à :
« l’ouverture du théâtre, les acteurs paraissent sur la scène et sont disposés à entrer en véritable action. »

La Grand-Place de St-Didier lieu de la représentation
La Grand-Place de St-Didier lieu de la représentation

Au moment ou arlequin va être pris : la toile est censée tomber… « 
« Cette partie renferme dans sa totalité la farce, la pantomime et le drame puisqu’il y a jugement et condamnation à mort ». La trame de cette représentation consiste en trois actes : Continuer la lecture de La mise en scène de la Partie de Carnaval